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  • Salomé Issahar-Zadeh

LES GROTTES ARTIFICIELLES

Dernière mise à jour : 29 sept. 2023

Au fil des époques, l’homme a constamment cherché à reproduire une nature qui le fascine, s’appropriant des paysages aux aspects si spectaculaires, cherchant à les comprendre et les posséder. L’artiste peint sur sa toile les couleurs d’un coucher de soleil, le photographe tente de saisir le surgissement d’une lumière unique, l’auteur couche sur une page la longue description d’un paysage d’automne. Mais, si la reproduction de la nature s’impose comme un besoin élémentaire pour l’homme, la construction et l’architecture devient quant à elle la preuve d’une marque humaine au sein de cette nature qui le fascine.



“Construire, c'est collaborer avec la terre : c'est mettre une marque humaine sur un paysage qui en sera modifié à jamais.” écrivait Marguerite Yourcenar dans Les Mémoires d’Hadrien. Certaines architectures sont véritablement faite pour imiter des éléments naturels, pour les faire surgir dans des endroits où ils n’auraient jamais pu exister. Au XVIIIe siècle, un engouement tout particulier se dessine dans le paysage européen pour la création de grottes artificielles dans les jardins des demeures, des grottes imitant l’atmosphère et l’apparence de grottes naturelles, conçues pour offrir au paysage une sensation de secret et de mystère théâtral.




Ces grottes variaient souvent en taille et en complexité. Parfois de simples niches rocheuses, pour d’autres de véritables cavernes décorées, le but était de cultiver l’émerveillement et de jouer sur la surprise. Cascades, ruisseaux, étangs, jeu sur la résonance et sur la lumière, tous les éléments des constructions mettaient en place des expériences sensorielles uniques. Echapper au conventionnel, s’immerger dans un univers fantaisiste où l’imaginaire est le seul maitre, les grottes deviennent peu à peu des espaces libérés de toute contrainte temporelle, des respirations où le rêve permet une libération.



À Versailles, la grotte de Téthys devient l’un des exemples les plus célèbres de grotte artificielle de l’époque de Louis XIV. Conçue par le paysagiste André Le Nôtre, la grotte dédiée à la déesse grecque de la mer était richement ornée de pierres précieuses de coquillages, de peinture et de sculptures représentant des scène mythologiques. Si les grottes étaient nombreuses dans les jardins du palais, celle de Téthys sera plus tard retenue comme un véritable exemple d’extravagance paysagère voué à éblouir le visiteur.



De nos jours, la grotte artificielle tient toujours une place particulière dans l’architecture du paysage. Il s’agit généralement d’espaces où sont construites des piscines offrant une expérience et un esthétisme uniques. Les architectes travaillent minutieusement les éclairages pour créer des jeux d’ombre et de lumière essentiels pour travailler l’atmosphère et pour mettre en valeur les aspérités rocheuses. Ces dernières sont réalisées dans des matériaux spécifiques qui incluent généralement le béton, la fibre de verre ainsi que des revêtements spéciaux imitant l’apparence de la pierre. Dans cette volonté idéalisée de reproduire brillamment la nature, des plantes sont également choisies, intégrant aux parois une végétation luxuriante.





Sources photos : garystockbridges617/lashellgrotto/servimg.com/protaras/pinterest/wikimediafoundation/dezeen





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